Une « table de la paix » pour enterrer la hache de guerre en Serie A

© ANSA

Les clubs du championnat, Juventus et Inter les premiers, s’affrontent toujours sur les conséquences du scandale des matchs truqués révélé à l’été 2006

Une paix pour de bon ? Un énième épisode des conséquences de Calciopoli ? Une « table de la paix », organisée le 14 décembre par le Comité olympique national italien (CONI), est censée ramener la sérénité en Serie A. Le président du CONI, Giovanni Petrucci, a accepté l’idée du président de la Juventus, Andrea Agnelli. « Il est temps d’aller de l’avant tous ensemble », avait déclaré ce dernier le 14 novembre.

En cause : les suites de Calciopoli. Le séisme qui secouait le football italien en 2006. Des écoutes téléphoniques dévoilaient que des dirigeants de clubs choisissaient des arbitres – réputés favorables à leur équipe – pour arbitrer leurs matchs. Un vaste système mêlant clubs, dirigeants, arbitres, désignateurs et dirigeants de la Fédération italienne de football (FIGC).

En juillet 2006, la Juventus était déchue de deux titres de champion d’Italie (2005 et 2006) et reléguée en Serie B. Le Milan, la Lazio et la Fiorentina étaient lourdement sanctionnés par des retraits de points la saison suivante. Le titre de champion d’Italie 2005 n’a pas été assigné. Celui de 2006 est revenu à l’Inter. Un des motifs de la guerre entre l’Inter et la Juventus.

« Redonner le scudetto – titre de champion – de 2006 ? Ca ne m’est jamais venu à l’esprit », réagissait le président intériste Massimo Moratti à l’annonce de la « table de la paix ». Et d’ajouter : « La Juventus a demandé 444 millions d’euros de dommages  – à la FIGC. C’est beaucoup (…)  Je pense que cette demande est ridicule. »

« En finir avec le passé »

Le club turinois a déposé, le 14 novembre, une plainte au tribunal administratif régional du Latium pour établir « l’absence d’égalité dans le traitement et les comportements illicites qui l’ont générée. » En clair, 444 millions sont réclamés pour « diminution de recettes, perte de valeur de la marque, pertes de chances et opportunités, coûts et dépenses » liés à Calciopoli.

La Fédération italienne défend sa position. « Jusqu’à maintenant, les faits nous ont donné raison (…) Cela dit, il est légitime que les entreprises et les présidents, se faisant l’écho d’un sentiment populaire, continuent de porter en avant leur combat », expliquait son président Giancarlo Abete.

Malgré cette plainte, la « table de la paix » doit marquer un pas en avant. L’objectif de cette réunion est double. « Réfléchir sur les faits ayant entrainé Calciopoli en trouvant ensemble une solution et rassembler les efforts communs pour créer un futur meilleur pour le sport italien », ambitionne Andrea Agnelli. Les réformes des lois sur les enceintes sportives et sur le code de justice sportive seraient à l’ordre du jour, encore incertain.

L’initiative est accueillie favorablement par la plupart des présidents de clubs. « J’espère que c’est l’occasion d’en finir avec le passé et de repartir à zéro », souhaite Aurelio De Laurentiis, président de Naples. Le président de l’Inter souffle lui le chaud et le froid. « Cela me ferait plaisir », se réjouissait-il. Puis d’opposer : « Le passé ? D’autres personnes jugent, ont déjà jugé, et sont en train de juger. Ce n’est pas celle-ci la table pour parler du passé. » Cette réunion permettra-t-elle de faire table rase du passé ? Réponse le 14 décembre.

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